Le 1er août marque la Journée Mondiale du Cancer du Poumon, une journée dédiée à la sensibilisation, à l’information et à la mobilisation contre l’une des maladies les plus meurtrières au monde. Cette journée est essentielle pour encourager la recherche, promouvoir la prévention et soutenir les patients et leurs familles. En France, le cancer du poumon touche des milliers de personnes chaque année, avec des conséquences dévastatrices sur les vies de nombreux individus.
52 777 nouveaux cas de cancer du poumon
La Journée Mondiale du Cancer du Poumon a été instituée pour attirer l’attention sur cette maladie qui tue chaque année des millions de personnes à travers le monde. L’objectif principal est de sensibiliser le public et les décideurs politiques à l’importance de la prévention, du dépistage précoce et de l’amélioration des traitements. Cette journée est également l’occasion de souligner les besoins urgents de financement pour la recherche et les soins des patients, afin de mieux comprendre la maladie et de développer des thérapies plus efficaces.
En France, 52 777 nouveaux cas ont été estimés en 2023, comprenant 33 438 hommes et 19 339 femmes.
Le cancer du poumon reste le cancer le plus mortel chez les hommes, et son incidence augmente chez les femmes, principalement en raison du tabagisme. Ces chiffres alarmants rappellent l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour améliorer les taux de survie et la qualité de vie des patients.
Symptômes et traitements du cancer du poumon
Les symptômes du cancer du poumon peuvent être variés et parfois peu spécifiques, ce qui rend le diagnostic précoce difficile. Les signes les plus courants incluent :
- Une toux persistante qui s’aggrave avec le temps
- Des douleurs thoraciques constantes
- Un essoufflement ou une respiration sifflante
- Des crachats de sang (hémoptysie)
- Une fatigue chronique et une perte de poids inexpliquée
Il est crucial de consulter un médecin dès l’apparition de ces symptômes, surtout si le patient est fumeur ou qu’il a été exposé à des facteurs de risque connus comme l’amiante ou la pollution de l’air.
Pour le Dr Victoria Ferrari, Médecin Oncologue au centre Antoine Lacassagne de Nice le cancer du poumon est souvent diagnostiqué tardivement, ce qui complique le traitement : « La prévention et le dépistage précoce sont cruciaux. Nous avons fait des progrès significatifs grâce à la recherche, notamment avec l’immunothérapie et les thérapies ciblées, qui ont considérablement amélioré les taux de survie. Mais il reste encore beaucoup à faire pour comprendre et combattre cette maladie », ajoute cette dernière. Des traitements qui varient en fonction du stade de la maladie (de 1 à 4), de l’état général du patient, mais aussi de son âge. Les principales options de traitement comprennent :
- La chirurgie : pour retirer une partie ou la totalité du poumon affecté.
- La radiothérapie : pour détruire les cellules cancéreuses avec des rayons à haute énergie.
- La chimiothérapie : pour tuer les cellules cancéreuses ou arrêter leur croissance.
- Les thérapies ciblées : qui agissent sur des anomalies spécifiques des cellules cancéreuses.
- L’immunothérapie : qui stimule le système immunitaire pour combattre le cancer.
Le choix du traitement est déterminé par une équipe multidisciplinaire de médecins, qui prennent en compte les caractéristiques individuelles de chaque patient pour offrir la meilleure prise en charge possible.
La Journée Mondiale du Cancer du Poumon est donc une opportunité de mobiliser les patients, les familles, les professionnels de santé et les chercheurs pour une cause commune. Les organisations de santé, les associations de patients et les institutions médicales organisent des événements, des campagnes de sensibilisation et des collectes de fonds pour soutenir la recherche et améliorer les soins. Alors, en cette journée, chaque geste compte. Partageons l’information, soutenons les initiatives de recherche, et encourageons ceux qui luttent contre le cancer du poumon. Ensemble, nous pouvons faire une différence significative.
Le fonctionnement des poumons
Les poumons jouent un rôle crucial dans le système respiratoire humain, permettant l’échange de gaz essentiel à la vie. Il s’agit de deux organes spongieux situés dans la cage thoracique, de part et d’autre du cœur. Chaque poumon est divisé en lobes : trois pour le poumon droit et deux pour le poumon gauche. Ils sont entourés d’une double membrane appelée la plèvre, qui les protège et les lubrifie.
La respiration se divise en deux phases principales : l’inspiration et l’expiration.
Inspiration :
- Lors de l’inspiration, le diaphragme (un muscle en forme de dôme situé sous les poumons) se contracte et s’abaisse, tandis que les muscles intercostaux (entre les côtes) se contractent pour élever la cage thoracique.
- Cette action augmente le volume de la cavité thoracique, créant une pression négative qui attire l’air extérieur dans les poumons à travers les voies respiratoires.
Expiration :
- Lors de l’expiration, le diaphragme et les muscles intercostaux se relâchent, réduisant le volume de la cavité thoracique.
- Cette diminution de volume pousse l’air des poumons vers l’extérieur par les voies respiratoires.
L’air entre dans le corps par le nez ou la bouche, puis passe par les structures suivantes :
- Pharynx et Larynx : Le pharynx (gorge) conduit l’air vers le larynx, qui contient les cordes vocales.
- Trachée : Un tube qui conduit l’air du larynx aux bronches.
- Bronches et Bronchioles : La trachée se divise en deux bronches principales (une pour chaque poumon), qui se ramifient en bronchioles plus petites à l’intérieur des poumons.
- Alvéoles : Les bronchioles se terminent par des sacs d’air appelés alvéoles, où se produit l’échange gazeux.
Les alvéoles sont entourées de capillaires sanguins. C’est ici que l’oxygène de l’air inhalé passe dans le sang, et que le dioxyde de carbone du sang est transféré dans les alvéoles pour être expiré.
- Oxygénation du Sang : L’oxygène traverse les parois des alvéoles et des capillaires pour entrer dans la circulation sanguine, où il se lie à l’hémoglobine des globules rouges.
- Élimination du Dioxyde de Carbone : Le dioxyde de carbone (un déchet métabolique) passe du sang aux alvéoles pour être expulsé lors de l’expiration.
La respiration est principalement contrôlée par le centre respiratoire du cerveau, situé dans le tronc cérébral. Ce centre ajuste le rythme et la profondeur de la respiration en réponse aux niveaux de dioxyde de carbone, d’oxygène et au pH sanguin. Des récepteurs situés dans les artères carotides et l’aorte transmettent des informations sur ces niveaux au centre respiratoire.
L'Impact de la fumée de cigarette sur les poumons
La fumée de cigarette est composée de milliers de substances chimiques, dont beaucoup sont toxiques et cancérigènes. Lorsque cette fumée est inhalée, elle a des effets dévastateurs sur les poumons et les alvéoles.
La fumée de cigarette contient plusieurs composants nocifs, parmi lesquels le goudron, qui est une substance collante qui se dépose dans les poumons, la nicotine , qui est un stimulant addictif, le monoxyde de carbone, qui est un gaz toxique qui interfère avec le transport de l’oxygène dans le sang, des produits chimiques cancérigènes comme les nitrosamines, les benzènes et le formaldéhyde. Tout cela créer des irritations et inflammations sur les voies respiratoires et les poumons.
Les cils sont de petites structures ressemblant à des poils qui tapissent les voies respiratoires et aident à expulser le mucus et les particules étrangères. La fumée endommage ces cils, réduisant leur efficacité et augmentant le risque d’infections pulmonaires.
L’inflammation et l’accumulation de mucus réduisent la capacité pulmonaire, limitant la quantité d’air que les poumons peuvent contenir et échanger efficacement.
Les effets néfastes sur les alvéoles
La fumée de cigarette endommage les parois des alvéoles, entraînant leur rupture. Cela réduit la surface disponible pour l’échange gazeux, causant un emphysème. Les poumons deviennent moins élastiques et moins efficaces pour transférer l’oxygène dans le sang et expulser le dioxyde de carbone.
La fumée de cigarette dégrade les fibres élastiques dans les poumons, rendant les alvéoles moins capables de se dilater et de se contracter normalement. Cela contribue également à l’emphysème et à la difficulté respiratoire.
L’exposition prolongée à la fumée provoque une inflammation chronique, entraînant une fibrose pulmonaire (cicatrisation du tissu pulmonaire). Les alvéoles deviennent rigides, limitant encore plus leur capacité à fonctionner correctement.
Les substances cancérigènes dans la fumée endommagent l’ADN des cellules pulmonaires, augmentant le risque de mutations et de développement de tumeurs malignes. Rappelons que le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer chez les fumeurs… alors il est temps d’arrêter de fumer !
Le rôle du PSAD
Dans le parcours de soins des personnes atteintes d’un cancer du poumon, le PSAD (Prestataire de Santé À Domicile) intervient en complément de la prise en charge hospitalière et médicale, notamment dans le cadre des soins de support et du maintien à domicile. Son rôle s’inscrit dans une logique de continuité des soins entre l’hôpital, les équipes médicales et le domicile du patient.
Concrètement, le PSAD peut être amené à :
assurer la mise à disposition et l’installation de dispositifs médicaux à domicile (oxygénothérapie, dispositifs d’aide respiratoire, aérosolthérapie, parfois ventilation),
expliquer au patient et à ses proches l’utilisation du matériel de manière claire et rassurante,
contribuer au confort respiratoire et à la sécurité au quotidien,
assurer le suivi technique du matériel et intervenir en cas de dysfonctionnement,
faire le lien avec l’équipe médicale en cas d’aggravation de la gêne respiratoire ou de difficultés d’utilisation du dispositif.
Au-delà de l’aspect technique, le PSAD joue également un rôle de proximité : présence, écoute, soutien dans une période souvent marquée par l’angoisse, la fatigue et les effets secondaires des traitements. Cet accompagnement participe à améliorer la qualité de vie et à favoriser le maintien à domicile dans de bonnes conditions.
FAQ - Cancer du poumon
Qu’est-ce que le cancer du poumon ?
Le cancer du poumon est une maladie caractérisée par la prolifération de cellules anormales dans les tissus pulmonaires. Il peut exister plusieurs types de cancers pulmonaires, avec des prises en charge adaptées selon les caractéristiques de la tumeur.
Quels sont les principaux facteurs de risque ?
Le tabagisme est le principal facteur de risque, mais l’exposition à la fumée de tabac (tabagisme passif), à certaines substances toxiques (amiante, polluants), ainsi que la pollution de l’air, peuvent également augmenter le risque.
Quels symptômes doivent alerter ?
Une toux persistante, un essoufflement inhabituel, des douleurs thoraciques, des crachats sanglants, une fatigue inexpliquée ou une perte de poids involontaire doivent conduire à consulter un professionnel de santé.
Peut-on dépister le cancer du poumon ?
Des stratégies de dépistage ciblé chez les personnes à risque élevé sont en cours de développement et d’évaluation. Le repérage précoce des symptômes et la consultation rapide restent aujourd’hui essentiels pour un diagnostic plus précoce.
Quels sont les traitements possibles ?
La prise en charge peut associer chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie et/ou thérapies ciblées, en fonction du stade de la maladie et des caractéristiques de la tumeur. Les soins de support font partie intégrante du parcours de soins.
Quel message d’espoir peut-on transmettre ?
Les avancées de la recherche et des traitements ont permis d’améliorer la prise en charge et le pronostic de nombreux patients. Un diagnostic plus précoce et un accompagnement global offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives en termes de qualité de vie et d’espérance de vie.
Conclusion
La Journée Mondiale du Cancer du Poumon est un temps fort pour sensibiliser le grand public, lutter contre les idées reçues et rappeler l’importance du repérage précoce des symptômes. Au-delà des chiffres, ce sont des parcours de vie, des histoires individuelles et collectives qui rappellent la nécessité d’une prise en charge humaine, globale et coordonnée.
Informer, soutenir et donner de l’espoir sont des leviers essentiels pour améliorer la prévention, l’accès aux soins et l’accompagnement des personnes touchées par la maladie.
En cas de symptômes respiratoires persistants ou inhabituels, n’attendez pas pour en parler à un professionnel de santé. Une consultation précoce peut permettre un diagnostic plus rapide et une prise en charge adaptée.
Mieux comprendre le cancer du poumon, ses facteurs de risque et ses signes d’alerte contribue à réduire les retards de diagnostic et à favoriser une prise de conscience collective autour de la santé respiratoire.