Les épidémies de grippe et de COVID-19, en particulier celles qui touchent des millions de personnes dans le monde, représentent une menace considérable pour la santé publique. Mais parmi les populations les plus vulnérables, il existe un groupe particulièrement exposé : les personnes atteintes de troubles respiratoires. Ces maladies, qu’il s’agisse de la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), de l’asthme ou d’autres pathologies pulmonaires, peuvent aggraver les conséquences des infections virales, rendant la gestion des épidémies encore plus complexe.
L'impact de la grippe sur les malades respiratoires
La grippe saisonnière, causée par le virus influenza, est une infection respiratoire qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Selon l’Institut Pasteur chaque hiver ce sont 2 à 6 millions de personnes en France qui sont concernés, avec un excès de mortalité attribuable à la grippe d’environ 10 000 décès, principalement chez les sujets fragiles.
Les symptômes de la grippe chez les personnes ayant une maladie pulmonaire chronique incluent une toux persistante, des difficultés respiratoires accrues, et un besoin plus important d’oxygène, ce qui peut mener à une hospitalisation. En effet, les données des Centres Européens de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC) indiquent que les patients avec des antécédents respiratoires chroniques représentent environ 30 % des hospitalisations dues à la grippe.
Pour les personnes souffrant de troubles respiratoires comme la BPCO ou l’asthme, la grippe présente donc un danger supplémentaire. Le virus de la grippe peut aggraver les symptômes existants, provoquer des exacerbations de la maladie et entraîner des pneumonies virales ou bactériennes secondaires. Pourtant, une étude d’ampleur nationale présentée le 28 janvier au congrès français de pneumologie (CPLF 2024, Lille) confirme que seule une personne atteinte de BPCO sur deux est vaccinée contre la grippe. Bien qu’elle ne garantisse pas une protection totale, la vaccination permet de réduire le risque de complications graves ou de décès liés à la grippe. En moyenne, en France, la vaccination sauve chaque année environ 2 000 vies chez les personnes âgées de 65 ans et plus… et pour les populations à risque, notamment les seniors et les personnes insuffisantes respiratoires, l’Assurance Maladie prend en charge intégralement le coût du vaccin !
Le COVID-19 : un danger supplémentaire pour les insuffisants respiratoires
Le COVID-19, causé par le virus SARS-CoV-2, a bouleversé les systèmes de santé mondiaux depuis son émergence en 2019. Bien que la pandémie de COVID-19 ait affecté de nombreux groupes de la population, les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ont été particulièrement touchées. L’Organisation Mondiale de la Santé rapporte que les personnes âgées et celles souffrant de pathologies respiratoires préexistantes, comme l’asthme, la BPCO ou la fibrose pulmonaire, courent un risque de 50 à 100 % plus élevé de développer une forme grave de COVID-19.
Le COVID-19 peut provoquer une détérioration rapide des fonctions pulmonaires, avec des symptômes tels que des difficultés respiratoires sévères, un essoufflement, et une hypoxie (manque d’oxygène dans le sang). Dans les cas graves, le COVID-19 peut entraîner une pneumonie, une défaillance multiviscérale et, dans de nombreux cas, la mort. Pour les personnes atteintes de troubles respiratoires, l’infection COVID-19 peut ainsi mener à des complications potentiellement fatales, comme une insuffisance respiratoire aiguë, qui peut nécessiter une ventilation mécanique. Le suivi régulier et l’adaptation des traitements médicamenteux sont ainsi essentiels dans ce contexte pour réduire le risque de complications.
Pourquoi les malades respiratoires sont plus exposés ?
Les patients souffrant de maladies respiratoires chroniques ont souvent une capacité pulmonaire réduite et une réponse immunitaire affaiblie. Dans des conditions normales, leurs poumons peinent à fournir un apport suffisant en oxygène à l’organisme, et une infection virale peut rapidement aggraver cette insuffisance.
Le virus de la grippe, tout comme le COVID-19, cible principalement les voies respiratoires inférieures (bronches et poumons). L’infection entraîne une inflammation, une production excessive de mucus, et parfois une obstruction des voies respiratoires, ce qui complique la respiration et rend la gestion de la maladie plus difficile.
Les personnes asthmatiques, par exemple, possèdent des voies respiratoires naturellement plus sensibles et réactives. L’exposition à des agents pathogènes comme la grippe ou le COVID-19 peut entraîner une hyper-réaction des bronches, provoquant des crises d’asthme sévères ou des exacerbations. Ces crises peuvent être déclenchées par l’infection virale elle-même ou par l’inflammation associée, ce qui nécessite une prise en charge rapide.
L’une des principales complications des infections virales, tant pour la grippe que pour le COVID-19, est le risque de surinfection bactérienne. Les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques sont plus susceptibles de développer des pneumonies secondaires, qui peuvent rapidement évoluer vers une forme grave. Ces surinfections sont souvent responsables des hospitalisations et des décès chez les patients les plus vulnérables.
La vaccination reste donc la méthode la plus efficace pour prévenir les infections grippales et le COVID-19. Pour les personnes atteintes de troubles respiratoires, la vaccination est essentielle pour limiter les risques de complications graves. Les autorités sanitaires recommandent aux personnes âgées et aux patients atteints de maladies respiratoires chroniques de se faire vacciner contre la grippe chaque année, ainsi que contre le COVID-19. Les vaccins antigrippaux et anti-COVID-19 ont prouvé leur efficacité pour réduire l’incidence des infections graves et des hospitalisations. Selon les dernières études de l’OMS, la vaccination contre la grippe réduit le risque d’hospitalisation de 40 à 60 % chez les personnes à risque.
Un suivi médical strict est tout aussi crucial pour ces patients, d’autant plus pendant les épidémies. Cela inclut l’ajustement des traitements médicamenteux (bronchodilatateurs, corticoïdes…) et la surveillance de la fonction pulmonaire. Les médecins peuvent également recommander l’utilisation d’oxygène supplémentaire en cas de baisse du niveau d’oxygène dans le sang.
Pour limiter le risque de transmission du virus, les personnes à risque doivent suivre rigoureusement les mesures d’hygiène, comme le lavage fréquent des mains, le port du masque, et la distanciation sociale. Cela est particulièrement important lors des épidémies de COVID-19 et pendant la saison grippale. Ainsi, la prise de conscience des risques spécifiques associés à ces épidémies et l’adhésion aux recommandations de santé publique sont essentielles pour protéger cette population fragile et éviter des conséquences dramatiques.
Quel est le rôle du PSAD dans la protection et le suivi des patients à risque ?
Les personnes atteintes de troubles respiratoires chroniques (BPCO, asthme sévère, fibrose pulmonaire, apnée du sommeil) sont particulièrement vulnérables lors des épidémies de grippe et de COVID-19. Le PSAD (Prestataire de Santé à Domicile) joue un rôle essentiel pour prévenir les complications, sécuriser les traitements et accompagner les patients à domicile.
Suivi et maintien des traitements
Le PSAD :
- assure la continuité des traitements respiratoires (oxygénothérapie, PPC, inhalateurs, ventilation),
- vérifie la bonne observance et tolérance du matériel médical,
- alerte le médecin en cas d’aggravation des symptômes ou de signes d’infection.
Prévention et conseils
Le PSAD :
- conseille sur les gestes barrières et mesures d’hygiène,
- accompagne pour limiter le risque d’exposition aux virus (organisation des sorties, désinfection du matériel, port du masque si nécessaire),
- informe le patient et la famille sur la vaccination et les mesures préventives adaptées.
Soutien et coordination
Le PSAD :
- transmet les informations au médecin ou pneumologue pour un suivi rapide,
- rassure et accompagne moralement le patient et les aidants,
- contribue à la préservation de l’autonomie et du confort à domicile, même en période d’épidémie.
FAQ – Grippe, COVID-19 et troubles respiratoires
Pourquoi les personnes avec troubles respiratoires sont-elles à risque ?
Leurs poumons sont déjà fragilisés, ce qui augmente le risque de complications respiratoires graves lors d’une infection virale.
Quels symptômes doivent alerter ?
- aggravation de la dyspnée (essoufflement),
- fièvre ou frissons,
- toux persistante ou augmentation de la toux habituelle,
- fatigue extrême ou confusion.
Que faire pour se protéger ?
- vaccination contre la grippe et le COVID-19 selon les recommandations médicales,
- lavage régulier des mains et port du masque en période d’épidémie,
- éviter les lieux très fréquentés si possible,
- maintenir un traitement respiratoire régulier.
La VNI ou l’oxygénothérapie sont-elles sûres pendant une épidémie ?
Oui, si le matériel est correctement utilisé et entretenu. Le PSAD peut fournir les conseils pour désinfecter le matériel et éviter la propagation du virus.
Quand consulter rapidement ?
- si les symptômes respiratoires s’aggravent rapidement,
- si l’oxygénation diminue ou si la PPC devient moins tolérée,
- ou en cas de fièvre persistante et difficultés respiratoires importantes.
Conclusion
Les épidémies de grippe et de COVID-19 représentent un risque accru pour les personnes atteintes de troubles respiratoires. Une prévention rigoureuse, un suivi attentif et une coordination efficace avec les professionnels de santé sont essentiels pour limiter les complications.
Le PSAD joue un rôle clé, en sécurisant le traitement respiratoire, en accompagnant le patient à domicile et en prodiguant des conseils pratiques pour rester protégé. Grâce à cet accompagnement, les patients peuvent préserver leur santé, leur autonomie et leur qualité de vie, même en période épidémique.