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Café et sommeil : alliés ou ennemis ?

Lecture : 5 min.

Adoré pour son coup de fouet, mais parfois redouté pour ses effets sur nos nuits, le café suscite de nombreuses questions. Peut-on savourer sa tasse quotidienne sans sacrifier un sommeil réparateur ? Entre plaisir, vigilance et risques d’insomnie, découvrons ce qui se dit sur le lien entre caféine et sommeil.

Le café, un rituel quotidien devenu indispensable

Avec plus de 2 milliards de tasses consommées chaque jour dans le monde , le café fait partie intégrante de nos routines. En France, près de 7 adultes sur 10 déclarent en consommer régulièrement.

Pour beaucoup, c’est un plaisir olfactif et gustatif, mais aussi une aide précieuse pour rester éveillé et productif.

Ce rôle stimulant est dû à la caféine, une molécule naturelle présente non seulement dans le café, mais aussi dans le thé, le cacao, certaines boissons gazeuses et les boissons énergisantes. Mais si la caféine nous aide à démarrer la journée, son action n’est pas sans conséquences sur le sommeil et la santé.

Comment agit la caféine sur notre cerveau ?

La caféine est un stimulant du système nerveux central. Elle agit en se fixant sur les récepteurs de l’adénosine dans le cerveau. L’adénosine est une substance produite naturellement par l’organisme au fil de la journée et qui favorise la somnolence. En bloquant son action, la caféine retarde la sensation de fatigue et augmente la vigilance.

Concrètement, une tasse de café bue à 17 h peut encore avoir un effet stimulant à 23 h. Chez certaines personnes plus sensibles, même un café de début d’après-midi peut perturber l’endormissement.

Impact du café sur l’endormissement et le sommeil profond

La relation entre caféine et sommeil a été largement étudiée.

  • Une étude a montré que la consommation de café jusqu’à 6 heures avant le coucher réduit significativement la durée totale de sommeil et augmente la fréquence des micro-éveils.
  • Selon une étude récente de l’Université de Montréal, la caféine diminue la proportion de sommeil lent profond, la phase la plus réparatrice du cycle de sommeil. Ce déficit peut entraîner une fatigue accrue au réveil, même si la durée totale de sommeil semble suffisante.
  • La Sleep Foundation rappelle que des doses supérieures à 400 mg par jour (≈ 4 cafés filtre) sont associées à un risque accru d’insomnie, anxiété et troubles de l’humeur.

Ces résultats soulignent que l’effet de la caféine ne se limite pas à retarder l’endormissement : elle impacte aussi la structure du sommeil.

Quels sont les meilleurs moments pour boire du café ?

Le moment de consommation est essentiel pour profiter des bienfaits du café sans sacrifier la qualité du sommeil.

  • Le matin (7 h – 11 h) : idéal. Le taux de cortisol, hormone naturelle de l’éveil, baisse légèrement après le réveil. La caféine agit alors comme un « relais » pour prolonger la vigilance.
  • Après le déjeuner (13 h – 15 h) : un café peut contrer la somnolence post-prandiale, un phénomène physiologique.
  • Fin d’après-midi et soirée : à éviter. L’EFSA explique que des doses uniques de 100 mg peuvent augmenter la latence du sommeil (le temps nécessaire pour s’endormir) et raccourcir le temps de sommeil chez certains adultes, en particulier lorsqu’elles sont consommées près de l’heure du coucher.

Il est également recommandé aux personnes souffrant d’insomnie chronique, d’apnée du sommeil ou de troubles anxieux de limiter leur consommation pour protéger leur sommeil.

Décaféiné, thé et boissons énergisantes : quelles différences ?

Contrairement à une idée reçue, le décaféiné contient encore de la caféine (2–4 mg par tasse contre 80–100 mg pour un café classique). Son impact est moindre, mais chez les personnes très sensibles, il peut encore influencer le sommeil.

Le thé, lui, contient également de la caféine (appelée théine), mais souvent en quantité plus faible. De plus, la présence de théanine a un effet relaxant qui peut atténuer la stimulation.

Enfin, pour les boissons énergisantes : certaines canettes peuvent contenir jusqu’à 300 mg de caféine (soit l’équivalent de trois cafés forts), souvent combinée à du sucre et à de la taurine. Ces boissons sont associées à un risque accru de troubles du sommeil, palpitations et nervosité.

Le type de boisson et la dose sont donc déterminants dans l’effet sur le sommeil.

Faut-il arrêter le café pour bien dormir ?

La réponse dépend surtout de la sensibilité individuelle et des habitudes de consommation. Certaines personnes peuvent boire un expresso après dîner sans conséquence, alors que d’autres peinent à s’endormir après un café pris à 14 h.

Quelques conseils pratiques basés sur les recommandations de l’EFSA et de la Sleep Foundation :

  • Limiter la consommation à 2–3 tasses par jour maximum (≈ 200–300 mg de caféine).
  • Éviter la caféine en soirée.
  • Privilégier les alternatives en soirée : tisane, chicorée, rooibos, eau.
  • En cas de troubles chroniques du sommeil, discuter de votre consommation avec un médecin.

Le café peut être à la fois allié des journées actives et ennemi d’un sommeil réparateur. Tout dépend de la dose, du timing et de la sensibilité de chacun.

Pour les médecins, il est essentiel d’interroger les patients sur leur consommation de café en cas de troubles du sommeil. Pour les patients, la règle d’or reste la modération et le bon moment

Le rôle du PSAD

La consommation de caféine (café, thé, boissons énergisantes, sodas) influence directement l’endormissement, la qualité du sommeil et la vigilance diurne. Chez certaines personnes, notamment celles souffrant de troubles respiratoires du sommeil ou de pathologies chroniques, la caféine peut masquer la fatigue sans corriger la dette de sommeil sous-jacente.

Dans l’accompagnement à domicile, le PSAD (Prestataire de Santé À Domicile) participe à la sensibilisation autour des habitudes de vie qui impactent le sommeil :

  • information sur l’effet stimulant prolongé de la caféine (demi-vie de plusieurs heures) et son retentissement sur l’endormissement,

  • repérage des consommations élevées de café ou de boissons caféinées utilisées pour compenser une somnolence diurne excessive,

  • rappel de l’importance de la qualité du sommeil pour l’efficacité des traitements nocturnes (PPC, ventilation, oxygénothérapie),

  • orientation vers l’équipe médicale en cas de fatigue persistante malgré une observance correcte du traitement,

  • accompagnement éducatif sur l’hygiène du sommeil et les alternatives à la caféine en fin de journée.

Le PSAD contribue ainsi à une approche globale du sommeil, où les comportements quotidiens sont pris en compte au même titre que les dispositifs médicaux.

FAQ – Café et sommeil

La caféine empêche-t-elle toujours de dormir ?
Son effet varie selon les individus. Certaines personnes sont très sensibles et voient leur endormissement retardé même après un café en début d’après-midi, tandis que d’autres semblent moins impactées. Toutefois, la caféine réduit en moyenne la qualité et la profondeur du sommeil.

Combien de temps la caféine agit-elle sur l’organisme ?
La demi-vie de la caféine est d’environ 4 à 6 heures (parfois plus selon les personnes). Cela signifie qu’un café en fin d’après-midi peut encore perturber le sommeil le soir.

Le café peut-il compenser un manque de sommeil ?
Non. La caféine augmente temporairement la vigilance mais ne remplace pas le sommeil. Elle peut masquer la fatigue sans corriger la dette de sommeil, ce qui favorise l’épuisement à long terme.

Les boissons “énergisantes” sont-elles pires que le café ?
Elles contiennent souvent de fortes doses de caféine et d’autres stimulants (guarana, taurine), parfois consommées tardivement. Leur impact sur le sommeil peut être encore plus marqué.

Faut-il arrêter complètement le café pour bien dormir ?
Pas nécessairement. Une consommation modérée, plutôt le matin ou en début de journée, est généralement compatible avec un bon sommeil chez la plupart des adultes.

Quand faut-il s’inquiéter de sa consommation de caféine ?
En cas de palpitations, d’anxiété, de troubles du sommeil persistants ou de recours systématique à la caféine pour “tenir le coup”, un avis médical peut être utile.

Conclusion

Le café peut être un allié ponctuel de la vigilance, mais il devient un ennemi du sommeil lorsqu’il est consommé trop tard ou en excès. Comprendre les effets de la caféine permet d’adopter une consommation plus adaptée à son rythme de vie et à ses besoins physiologiques, sans compromettre la qualité du repos nocturne.

Faire le lien entre vos habitudes de consommation et la qualité de vos nuits est une première étape pour mieux dormir.


Si la fatigue persiste malgré le café, il est peut-être temps d’évaluer votre sommeil avec un professionnel de santé.

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