Chaque année, le mois de novembre est devenu un moment-clef de sensibilisation en santé masculine, sous l’impulsion de la campagne internationale « Movember » (contraction de moustache + November) : un temps pour encourager la parole autour de la santé des hommes, et plus particulièrement autour du cancer de la prostate, du cancer des testicules, ainsi que de la prévention du suicide et de la santé mentale.
Le cancer de la prostate : une réalité majeure en santé publique
Le cancer de la prostate est le premier cancer masculin en France. Selon différents bilans, on recense plus de 50 000 nouveaux cas chaque année dans l’Hexagone. Le taux de survie à 5 ans est élevé lorsqu’il est pris en charge à un stade précoce, « autour de 90 % », d’après le Pr Jean-Marc FERRERO, chef du Département d’Oncologie Médical au Centre Antoine Lacassagne de Nice.
Ce cancer est rare avant 50 ans, l’incidence augmente avec l’âge. Des antécédents familiaux, parfois facteurs génétiques peuvent en être la cause, par exemple, certaines mutations peuvent majorer le risque. L’alimentation, le surpoids, la sédentarité peuvent jouer un rôle aggravant (même si l’étiologie reste multifactorielle).
La détection précoce est un enjeu essentiel : plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleures sont les chances de traitement et de qualité de vie.
Les examens usuels sont :
- Le dosage sanguin du PSA (antigène prostatique spécifique)
- Le toucher rectal
En France, il n’existe pas de dépistage systématique recommandé à tous les hommes, la décision est individualisée selon l’âge et les facteurs de risque.
Le Professeur FERRERO rappelle bien que « compte tenu de sa prévalence et de son évolution souvent silencieuse, le dépistage régulier du cancer de la prostate est crucial, particulièrement pour les hommes présentant des facteurs de risque ou ayant dépassé 50 ans ».
Le traitement dépend du stade de la maladie, de l’âge du patient, de son état général et des souhaits. Il peut comporter une chirurgie et/ou de la radiothérapie. Le Centre Antoine Lacassagne à Nice, où le Pr Jean‑Marc Ferrero exerce, prend en charge les cancers de la prostate « à tous les stades de la maladie » avec bilans, traitements et suivi post‑thérapeutique.
Pourquoi sensibiliser sur le cancer de la prostate ?
Parce que malgré de bons taux de survie, un retard de diagnostic peut conduire à des traitements plus lourds, à des séquelles plus importantes ou à un pronostic plus réservé. De plus, le dépistage lui‑même soulève des questions (surdiagnostic, surtraitement) mais la balance penche clairement en faveur d’une information plus large et d’un accès facilité à la surveillance.
Movember, campagne internationale, invite chaque novembre les hommes à se laisser pousser la moustache pour attirer l’attention sur leur santé, et en particulier sur le cancer de la prostate et celui des testicules, ainsi que sur la santé mentale.
Les objectifs de la campagne sont de :
- Rompre les tabous autour de la santé masculine (les hommes consultent moins, parlent moins de leurs symptômes)
- Inciter au dépistage, ou au moins à l’information, dans un dialogue homme‑médecin.
- Collecter des fonds pour la recherche, la prévention et l’accompagnement des malades.
- Promouvoir des comportements de santé (activité physique, alimentation équilibrée, arrêt tabac) et sensibiliser sur la santé mentale.
Agir concrètement : que puis je faire en tant qu’homme et en tant que proche ?
Pour l’homme
- À partir de 50 ans, parler de santé de la prostate avec son médecin généraliste ou urologue.
- Demander un dosage de PSA et/ou un toucher rectal si nécessaire.
- Surveiller tout symptôme urinaire, érectile, ou douleurs pelviennes persistantes.
- Mettre en place une hygiène de vie favorable : activité physique régulière, alimentation saine, modération de la consommation d’alcool, arrêt du tabac.
Pour les proches (famille, amis)
- Encouragez les hommes de votre entourage à se poser des questions sur leur santé.
- Partagez des ressources fiables sur le cancer de la prostate et le dépistage.
Le mois de novembre, et notamment grâce à Movember bleu, est bien plus qu’un simple symbole : c’est une invitation à porter attention, dès maintenant, à la santé des hommes. Le cancer de la prostate reste une réalité, mais il est aussi un des cancers pour lesquels une prise en charge tôt peut faire la différence.
Après Octobre Rose, Movember Bleu prolonge ainsi l’engagement en rappelant que la prévention et la sensibilisation à la santé concernent aussi les hommes, tout au long de l’année.
En cette période, chacun peut jouer un rôle : s’informer, dialoguer, bouger, et pourquoi pas : se laisser pousser la moustache pour signifier que la santé masculine compte.
Le rôle du PSAD
Movember met en lumière l’importance de la prévention et du suivi de la santé masculine, notamment concernant les maladies chroniques, cardiovasculaires ou urologiques. Pour les hommes suivis à domicile pour des pathologies chroniques ou respiratoires, le PSAD (Prestataire de Santé À Domicile) joue un rôle essentiel dans la continuité des soins et la prévention.
Le PSAD peut notamment :
rappeler et accompagner les patients dans l’observance des traitements prescrits pour leurs pathologies chroniques,
sensibiliser aux facteurs de risque (hypertension, diabète, surpoids, troubles respiratoires),
repérer les signes d’alerte ou d’aggravation de l’état de santé et alerter l’équipe médicale,
accompagner les patients dans les dépistages réguliers recommandés (prostate, cancer colorectal, troubles cardiovasculaires),
fournir un soutien éducatif sur l’hygiène de vie et les bonnes pratiques pour préserver la santé globale.
Ainsi, le PSAD ne se limite pas au suivi technique : il contribue aussi à l’information, à la prévention et à la coordination avec le médecin pour améliorer la qualité de vie des hommes.
FAQ - Movember bleu
Qu’est-ce que Movember ?
Movember est un mouvement mondial de sensibilisation à la santé masculine, mettant en avant la prévention, le dépistage et la prise en charge des maladies touchant les hommes, notamment les cancers masculins et les troubles cardiovasculaires.
Quels sont les principaux enjeux de santé des hommes ?
Cancer de la prostate, cancer colorectal, troubles cardiovasculaires, dépression, troubles respiratoires et maladies chroniques sont les principales préoccupations. La prévention et le suivi régulier sont essentiels pour limiter les risques.
Pourquoi la prévention est-elle importante ?
Les hommes consultent souvent moins que les femmes et peuvent sous-estimer certains symptômes. Le dépistage précoce et l’adoption de comportements de santé adaptés permettent d’améliorer le pronostic et la qualité de vie.
Quels sont les signes d’alerte à ne pas ignorer ?
Douleurs persistantes, troubles urinaires, essoufflement, fatigue inhabituelle ou perte de poids inexpliquée doivent conduire à consulter rapidement.
Le PSAD peut-il aider à la prévention ?
Oui. Le PSAD accompagne les patients dans le suivi de leurs traitements, sensibilise aux dépistages et bonnes pratiques, et assure une surveillance régulière à domicile, renforçant ainsi la prévention.
Que faire si l’on présente un facteur de risque ?
Parlez-en à votre médecin pour planifier des examens adaptés, modifier votre mode de vie si nécessaire et mettre en place un suivi personnalisé.
Conclusion
Movember Bleu rappelle l’importance de la prévention et de la sensibilisation pour la santé des hommes. Un suivi régulier, l’adoption d’un mode de vie sain et la consultation proactive pour tout symptôme ou facteur de risque sont essentiels pour prévenir les complications et améliorer la qualité de vie. Le rôle du PSAD dans l’accompagnement à domicile vient compléter ces actions en garantissant la continuité et la sécurité des soins.
Si vous êtes un homme, observez votre santé, participez aux dépistages recommandés et parlez-en à votre médecin pour adopter une stratégie préventive adaptée.
S’informer sur les principaux risques et moyens de prévention permet de mieux protéger sa santé et d’agir tôt pour limiter les complications.