Le réveil sonne, il est 6h30, et dans un moment de torpeur, vous appuyez sur le bouton « snooze » pour profiter de quelques minutes supplémentaires de sommeil… Au fond, qui n’a jamais été tenté de repousser l’heure du réveil ? Un rituel matinal qui est devenu presque universel, mais cette petite action, qui semble inoffensive, peut-elle entraîner des conséquences sur notre santé ? La fonction « snooze », ou répétition d’alarme, ce bouton magique qui permet de prolonger de quelques minutes notre sommeil, fait l’objet de nombreuses interrogations. Est-il bon de snoozer ? Ou cette habitude est-elle finalement néfaste pour notre bien-être ?
Snoozer c’est quoi ?
Snoozer est un terme couramment utilisé pour décrire l’action de reposer son doigt sur le bouton « snooze » (ou « temporisation ») de son réveil pour repousser l’heure du réveil de quelques minutes supplémentaires. Cette fonction est présente sur de nombreux réveils, qu’ils soient physiques ou numériques (tels que les smartphones), et permet de prolonger le sommeil en appuyant sur un bouton ou en glissant l’écran, pendant généralement 5 à 10 minutes avant que l’alarme ne sonne à nouveau. Mais comment ça fonctionne ? Lorsqu’un réveil sonne, on peut appuyer sur le bouton « snooze » pour mettre l’alarme en pause pendant quelques minutes supplémentaires. Cette pause donne l’illusion de pouvoir dormir un peu plus longtemps, mais en réalité, l’alarme se remet en marche après un court délai. Cependant, durant cette période de sommeil prolongée, le corps ne bénéficie pas d’un sommeil réparateur complet, car il entre dans un sommeil léger qui n’est ni profond ni suffisamment réparateur.
Le snooze est souvent une réponse à une sensation de fatigue ou de désir de rester au chaud dans son lit, particulièrement lorsque le réveil sonne trop tôt ou en plein milieu d’un cycle de sommeil. Parfois, c’est aussi une habitude, un réflexe que certaines personnes ont pris au fil du temps pour repousser l’inéluctable réveil et prolonger leur sommeil de manière temporaire.
Le fonctionnement du snooze : une illusion de sommeil
Avant de juger si le snooze est bon ou non, il est important de comprendre ce qu’il se passe réellement dans notre corps lorsque nous « snoozons ». Le bouton snooze offre généralement un délai de 5 à 10 minutes avant que l’alarme ne se remette à sonner. Mais pendant ces quelques minutes, la qualité du sommeil est altérée. Le sommeil fonctionne en cycles de 90 minutes environ, chacun comprenant différentes phases : sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal (ou REM). Lorsque vous vous réveillez en plein milieu d’un cycle, votre cerveau n’a pas eu le temps de compléter ces différentes phases. En appuyant sur « snooze », vous vous rendormez rapidement dans un état de sommeil léger, mais de courte durée, sans que votre corps ait le temps de passer par les phases profondes ou réparatrices.
L'impact du snooze sur le rythme circadien
Le rythme circadien, ou horloge biologique, régule nos cycles de sommeil et d’éveil sur une période de 24 heures. Chaque cycle de sommeil, dont la durée est d’environ 90 minutes, est conçu pour optimiser le temps de repos et la régénération cellulaire. Lorsque l’on snooze, le réveil qui sonne à nouveau perturbe cette routine en interrompant un cycle de sommeil en cours, provoquant ainsi une « désynchronisation » temporaire du rythme circadien. Cela peut avoir pour effet de rendre plus difficile le réveil complet, car le corps ne bénéficie pas d’un sommeil réparateur. De plus, en vous rendormant entre les alertes, vous plongez dans un sommeil léger, qui ne vous permet pas de récupérer de manière optimale. Une étude menée en 2022 par des chercheurs de l’Université de Notre Dame a dressé un tableau plus clair de notre tendance à appuyer sur le bouton… et finalement grand nombre en sont adeptes : l’étude, publiée dans la revue SLEEP , a révélé que 57 % des participants étaient des somnolents invétérés. Bien que les scientifiques et les professionnels de la santé le déconseillent depuis longtemps, l’acte de somnoler, la fréquence et les raisons pour lesquelles nous le faisons, reste pratiquement inexploré.
Les conséquences du snooze sur le corps
Si le snooze peut offrir une illusion de prolongation du sommeil, il peut également entraîner une sensation de fatigue supplémentaire. Se réveiller en plein cycle de sommeil perturbé peut causer une sensation d’inertie et de confusion, appelée inertie du sommeil. Cette sensation peut durer de 15 à 30 minutes après le réveil, avec une difficulté à se concentrer et un besoin de se rendormir.
Cela peut aussi affecter les performances tout au long de la journée. Il a été démontré à de nombreuses reprises que le manque de sommeil profond et réparateur peut nuire à la concentration, à la mémoire et à l’humeur.
Le fait de snoozer perturbe aussi l’activation des neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine, qui sont responsables de notre bien-être émotionnel. Cette perturbation peut augmenter les niveaux de stress, d’anxiété et de déprime, surtout si le sujet est pressé de commencer sa journée. Le fait d’alterner entre des moments de sommeil léger et des réveils répétés peut créer un état de confusion cognitive, augmentant ainsi le stress dès les premières minutes de la journée.
À long terme, une mauvaise gestion du sommeil peut augmenter les risques de maladies chroniques telles que l’hypertension, les maladies cardiaques, et même le diabète de type 2. Le manque de sommeil réparateur affecte le système immunitaire et la capacité du corps à se régénérer correctement.
Pourquoi est-ce que nous snoozons ?
Malgré les effets négatifs potentiels, de nombreuses personnes continuent de snoozer. Le geste de snoozer est souvent un réflexe ancré dans les habitudes quotidiennes. Lorsque l’alarme sonne, les personnes ressentent une forte envie de prolonger son sommeil, même si cela ne l’aide pas réellement à récupérer. Cela devient rapidement une habitude, un automatisme qu’il est difficile de briser.
Les réveils sont souvent programmés pour sonner à des moments qui ne correspondent pas au rythme naturel de sommeil. Cela amène beaucoup de gens à se sentir fatigués dès leur réveil, ce qui explique pourquoi ils appuient sur le bouton snooze pour chercher des minutes supplémentaires de sommeil.
Snoozer permet également de reprendre un peu de contrôle sur un moment de la journée où l’on se sent contraint. En appuyant sur le bouton, il est possible de croire que l’on reprend un peu de pouvoir sur le processus du réveil, mais ce contrôle n’est que superficiel.
Comment éviter le snooze et améliorer son réveil ?
La clé pour éviter de snoozer réside dans une bonne hygiène de sommeil. Il est essentiel de dormir suffisamment chaque nuit (en général il est recommandé d’avoir des nuits de 7 à 9 heures pour un adulte, même si cela reste propre à chacun), de respecter des horaires réguliers et d’éviter les distractions avant le coucher (écrans, café, stress).
Plutôt que de se réveiller brutalement avec une alarme forte, il est conseillé d’opter pour des alarmes plus douces ou des sons naturels. L’utilisation de simulateurs d’aube, qui imitent le lever du soleil, peut également faciliter un réveil plus doux et plus naturel.
Le meilleur moyen d’éviter de snoozer est bien évidement d’essayer de se lever dès la première sonnerie de l’alarme. Cela peut sembler difficile au début, mais avec le temps, ce geste deviendra une habitude plus saine.
En résumé, bien que le snooze puisse sembler inoffensif, il perturbe le rythme naturel du sommeil et peut nuire à la qualité du repos. Plutôt qu’une solution, le snooze est souvent un faux ami qui entraîne une fatigue supplémentaire et augmente le stress. Pour améliorer son bien-être et sa productivité dès le matin, il est recommandé d’adopter de meilleures habitudes de sommeil, de se lever dès la première alarme, et de privilégier une routine de sommeil régulière et réparatrice !
Quel est le rôle du PSAD dans l’accompagnement du sommeil face au snooze ?
Le terme “snoozer” fait référence à l’action de reporter l’alarme du réveil, souvent en appuyant sur le bouton “snooze”. Cette pratique peut sembler anodine, mais elle a un impact réel sur la qualité du sommeil et la vigilance.
Le PSAD (Prestataire de Santé à Domicile), bien que principalement orienté vers les soins respiratoires ou l’accompagnement à domicile, peut :
- sensibiliser les patients aux bonnes habitudes de sommeil,
- repérer une somnolence excessive ou une fatigue chronique,
- donner des conseils pour optimiser le sommeil et limiter les réveils fragmentés, en lien avec un médecin ou un spécialiste du sommeil si nécessaire.
Pourquoi le snooze peut nuire au sommeil
- Il interrompt le sommeil profond et réduit la sensation de repos,
- Il favorise la fatigue et la somnolence diurne,
- Chez certaines personnes (seniors, patients respiratoires, malades chroniques), il peut aggraver la fatigue et les troubles respiratoires.
Le PSAD peut alors conseiller sur :
- l’instauration d’un rythme régulier de sommeil,
- l’utilisation de techniques pour se réveiller sans snooze,
- l’adaptation de l’environnement et des horaires de sommeil pour améliorer la récupération.
FAQ - Snoozer et sommeil
Que signifie “snoozer” exactement ?
C’est appuyer sur le bouton de répétition de l’alarme pour gagner quelques minutes supplémentaires de sommeil.
Pourquoi est-ce tentant de snoozer ?
Le cerveau cherche à prolonger le sommeil, surtout si le sommeil précédent a été insuffisant ou de mauvaise qualité.
Est-ce mauvais pour la santé ?
Oui, le snooze peut fragmenter le sommeil, réduire l’efficacité du repos et augmenter la fatigue et la somnolence au cours de la journée.
Existe-t-il des alternatives au snooze ?
- Programmer un réveil plus tard si le besoin de sommeil est réel,
- Se coucher plus tôt pour respecter le temps de sommeil recommandé,
- Utiliser des réveils lumineux ou progressifs qui favorisent un réveil plus naturel.
Quand consulter un spécialiste du sommeil ?
- si le réveil est toujours difficile malgré une bonne hygiène de sommeil,
- en cas de somnolence excessive diurne,
- ou si la fatigue impacte la vie quotidienne et le travail.
Conclusion
“Snoozer” peut sembler anodin, mais il perturbe le sommeil et diminue la vigilance. Adopter des routines de sommeil régulières, ajuster les horaires et limiter l’usage du bouton snooze permet de commencer la journée plus reposé et plus alerte.
Le PSAD accompagne les patients en les sensibilisant à l’importance d’un sommeil régulier et réparateur, en sécurisant les habitudes à domicile et en orientant vers un spécialiste si nécessaire. Grâce à ces conseils, il est possible de prévenir la fatigue et améliorer la qualité de vie quotidienne.