Bien que l’insomnie et l’apnée du sommeil correspondent à une gêne importante au bon fonctionnement du sommeil, il ne faut pas oublier qu’il s’agit avant tout de deux troubles du sommeil distincts.
L’apnée du sommeil et l’insomnie, c’est quoi ?
L’apnée du sommeil, également connue sous le nom de Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS), se caractérise par des arrêts respiratoires fréquents, empêchant un sommeil efficace et lié à des défauts d’oxygénation, pouvant également se révéler par une hypertension artérielle, du diabète, voire un dérèglement thyroïdien. Elle toucherait près de 5 à 10% de la population française.
L’insomnie, est quant à elle, un symptôme qui se traduit par une perturbation du sommeil causée, en grande partie, par des facteurs psychologiques et notamment avec des difficultés à s’endormir, à se réveiller tôt ou ne pas réussir à se rendormir. Aujourd’hui, on estime qu’un français sur cinq souffre d’insomnie. « L’insomnie concerne des gens qui ont du mal à s’endormir ou qui se réveillent la nuit. On appelle cela les insomnies d’initiation du sommeil, c’est-à-dire un temps de sommeil court », raconte le Docteur Géraldine BON. D’après cette dernière, les personnes concernées ne sont pas insomniaques pour rien. En général ce trouble du sommeil serait couplet avec des problèmes d’anxiété, de dépression, de burn-out encore de stress au travail.
Mais quelles sont les différentes causes de l’apnée du sommeil et de l’insomnie ?
La première distinction entre l’apnée du sommeil et l’insomnie relève du fait que les personnes atteintes d’apnées du sommeil ne sont pas complétement conscientes de leurs états. De façon générale, ce sont les proches qui peuvent les alerter, et ce notamment avec la répétition de ronflements importants, mais aussi de nuits agitées.
Le point commun entre les deux troubles est l’hygiène de vie. Absence d’activité sportive, surpoids et/ou consommation trop importante d’alcool… rien de bien bon pour limiter les risques de maladies respiratoires !
Les principales causes d’apnée du sommeil se caractérisent avant tout par un dépôt graisseux le long du pharynx, dû à une surcharge pondérale importante, mais aussi à l’âge qui entraîne une perte de souplesse des voies aériennes. La position qu’adopte la personne concernée lors de son sommeil peut également constituer une cause de SAOS : lorsque celle-ci dort sur le dos, sa langue se pousse dans l’arrière-gorge, entrainant ainsi une apnée.
L’utilisation des écrans : le gros problème de l’insomnie
De son côté, les principales causes de l’insomnie sont dû en particulier à l’utilisation des écrans, tels que le téléphone ou la télévision avant de s’endormir, les nuisances sonores, la surconsommation de caféine, d’alcool, de nicotine, le stress et même la prise de certains médicaments.
Il est donc primordial de réussir à avoir, mais surtout maintenir une bonne hygiène de vie pour limiter les risques de contracter l’un de ces deux troubles.
Par ailleurs, comme le souligne le Docteur Benjamin DUVAL, beaucoup de patients insomniaques souffrent de l’apnée du sommeil. « Et donc en traitant l’apnée du sommeil, nous arrivons à traiter l’insomnie de manière très facile », insiste le professionnel.
Il est important de rappeler qu’à l’apparition des premiers signes, la consultation d’un médecin traitant et/ou d’un spécialiste est la première étape à réaliser, afin de garantir un bon diagnostic et suivi médical.
Quel est le rôle du PSAD pour distinguer insomnie et apnée du sommeil ?
Le PSAD (Prestataire de Santé à Domicile) ne pose pas de diagnostic médical. Cependant, il joue un rôle clé dans le repérage, l’orientation et l’accompagnement des patients présentant des troubles du sommeil, notamment lorsque les symptômes de l’insomnie et de l’apnée du sommeil s’entremêlent.
Aider à mieux comprendre les symptômes
L’insomnie et l’apnée du sommeil peuvent provoquer des symptômes communs, tels que :
- fatigue persistante,
- somnolence diurne,
- difficultés de concentration,
- irritabilité.
Le PSAD aide le patient à mieux identifier la nature de ses troubles, en expliquant les différences entre :
- un trouble de l’endormissement ou du maintien du sommeil (insomnie),
- un trouble respiratoire survenant pendant le sommeil (apnée).
Cette pédagogie contribue à une meilleure compréhension du vécu nocturne.
Repérage des signes évocateurs d’apnée du sommeil
Lors de ses échanges avec les patients, le PSAD est souvent en première ligne pour repérer des signes évocateurs d’apnée du sommeil :
- ronflements importants,
- pauses respiratoires rapportées par l’entourage,
- réveils avec sensation d’étouffement,
- maux de tête matinaux.
En présence de ces signes, il encourage une consultation médicale pour un dépistage adapté.
Accompagnement des patients insomniaques appareillés
Chez les patients souffrant d’apnée du sommeil, l’insomnie peut être :
- préexistante,
- déclenchée ou aggravée par le traitement (PPC, ventilation).
Le PSAD intervient alors pour :
- améliorer le confort du dispositif,
- limiter les réveils nocturnes,
- réduire l’anxiété liée à l’appareillage,
- favoriser une meilleure acceptation du traitement.
Cet accompagnement est essentiel pour éviter la confusion entre insomnie persistante et traitement inefficace.
Orientation vers une prise en charge adaptée
Lorsque les symptômes persistent malgré un traitement respiratoire bien conduit, le PSAD peut orienter le patient vers :
- un médecin spécialiste du sommeil,
- une prise en charge spécifique de l’insomnie, comme la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I).
Il participe ainsi à une prise en charge globale et personnalisée du sommeil.
FAQ – Insomnie ou apnée du sommeil : comment faire la différence ?
Quelle est la différence principale entre insomnie et apnée du sommeil ?
L’insomnie concerne la difficulté à dormir, tandis que l’apnée du sommeil est liée à des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil, souvent sans que la personne en ait conscience.
Peut-on souffrir des deux à la fois ?
Oui. On parle alors de comorbidité insomnie–apnée, une situation fréquente qui nécessite une prise en charge spécifique et coordonnée.
Ronfler signifie-t-il forcément faire de l’apnée ?
Non. Le ronflement est un symptôme possible, mais il n’est pas systématiquement associé à l’apnée du sommeil.
Pourquoi suis-je fatigué(e) même si je dors longtemps ?
Dans l’apnée du sommeil, le sommeil est fragmenté par des micro-réveils. Dans l’insomnie, la qualité et la quantité de sommeil sont insuffisantes. Dans les deux cas, le sommeil n’est pas réparateur.
Qui consulter en cas de doute ?
Un médecin généraliste ou un spécialiste du sommeil est le premier interlocuteur pour orienter vers les examens appropriés.
Conclusion
L’insomnie et l’apnée du sommeil sont deux troubles distincts, mais leurs symptômes peuvent se ressembler et parfois coexister. Bien les distinguer est essentiel pour bénéficier d’une prise en charge adaptée et efficace.
Dans ce parcours, le PSAD joue un rôle d’accompagnement, de pédagogie et d’orientation, en aidant le patient à mieux comprendre ses symptômes, à optimiser les traitements respiratoires et à s’inscrire dans un parcours de soins cohérent. Une approche globale du sommeil reste la clé pour retrouver des nuits plus réparatrices et une meilleure qualité de vie.