Skip to content

Spasmes hypniques : c’est quoi ?

Lecture : 5 min.

Vous êtes sur le point de vous endormir quand soudain, votre jambe ou tout votre corps sursaute comme si vous tombiez dans le vide ? Vous venez probablement de vivre un spasme hypnique, un phénomène aussi étonnant que fréquent. Sont-ils normaux ? Faut-il s’en inquiéter ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces secousses nocturnes.

Qu’est-ce qu’un spasme hypnique ?

Le spasme hypnique, également appelé myoclonie d’endormissement, désigne une contraction musculaire brutale, brève et involontaire qui se produit au moment où l’on s’endort. Il s’agit d’un phénomène physiologique survenant à la frontière entre l’état de veille et le sommeil léger, plus précisément pendant la phase hypnagogique. Cette phase de transition durant laquelle le cerveau commence à ralentir, mais où l’on n’est pas encore totalement endormi.

Ce sursaut peut être très léger et passer inaperçu, ou au contraire très marqué, au point de réveiller le dormeur en sursaut. Il peut être accompagné d’une sensation de chute, de déséquilibre ou même d’un rêve très bref dans lequel vous trébuchez ou vous heurtez à quelque chose.

Des études estiment qu’environ 60 à 70 % de la population fait l’expérience de spasmes hypniques au moins occasionnellement, et certains en souffrent presque chaque nuit, ce qui peut perturber le sommeil et entraîner une forme d’insomnie d’endormissement

Pourquoi ça arrive ? Les causes possibles

L’explication la plus répandue est liée à la manière dont le cerveau interprète le relâchement musculaire qui précède l’endormissement. Quand les muscles commencent à se détendre rapidement, le cerveau, encore partiellement éveillé, pourrait percevoir ce relâchement comme un signal de chute. Il déclenche alors un réflexe de sursaut pour « corriger » ce danger perçu, même s’il n’existe pas réellement.

Ce réflexe de contraction musculaire, semblable à celui qui nous fait sursauter lorsqu’on est surpris ou déséquilibré, est censé protéger le corps.

Il s’agirait d’un vestige de mécanismes archaïques de survie, datant de l’époque où nos ancêtres dormaient dans les arbres et devaient éviter les chutes accidentelles.

Les spasmes hypniques sont plus fréquents en période de grande fatigue, de stress ou de privation de sommeil.

En effet, un système nerveux sursollicité ou épuisé est plus susceptible de réagir de manière désordonnée pendant la transition vers le sommeil.

Par ailleurs, la consommation de caféine, de nicotine ou de certains médicaments stimulant le système nerveux central peut également favoriser l’apparition de ces sursauts. De même, pratiquer une activité physique intense trop tard dans la journée peut retarder l’endormissement et rendre le sommeil plus instable, augmentant la probabilité de spasmes.

Certaines théories évoquent une explication évolutionniste : les spasmes hypniques seraient un mécanisme de vérification biologique, hérité de nos ancêtres arboricoles. Ce réflexe aurait permis de vérifier, juste avant de sombrer dans le sommeil, que le corps était bien en sécurité, par exemple, bien accroché à une branche, afin d’éviter les chutes pendant la nuit.

Même si cette théorie reste difficile à prouver scientifiquement, elle est régulièrement évoquée dans la littérature neurobiologique comme une hypothèse plausible.

Les spasmes hypniques : c’est grave ?

Dans l’immense majorité des cas, les spasmes hypniques sont inoffensifs. Ils font partie des phénomènes physiologiques normaux associés à l’endormissement, et n’ont pas de conséquence sur la santé.

Cependant, lorsqu’ils deviennent trop fréquents ou trop intenses, ils peuvent perturber la qualité du sommeil. Chez certaines personnes, ils entraînent une véritable appréhension de l’endormissement, un cercle vicieux où la peur de sursauter empêche de s’endormir, et où la fatigue accumulée augmente les spasmes.

Dans des cas plus rares, les spasmes peuvent être confondus avec d’autres troubles neurologiques comme :

  • Les myoclonies nocturnes pathologiques
  • Le syndrome des jambes sans repos
  • Certaines formes d’épilepsie nocturne

Si les secousses sont très fréquentes, douloureuses, s’accompagnent de hallucinations ou interfèrent sérieusement avec le sommeil, une consultation chez un médecin du sommeil ou un neurologue est recommandée.

Comment limiter les spasmes hypniques ?

Il est souvent possible de réduire l’intensité ou la fréquence des spasmes hypniques avec des gestes simples et une meilleure hygiène de sommeil :

  • Adopter une routine de coucher régulière
  • Dormir dans un environnement calme, sombre, bien ventilé
  • Éviter les écrans au moins 1 heure avant de dormir
  • Pratiquer des techniques de relaxation : cohérence cardiaque, respiration lente, méditation, sophrologie
  • Créer une transition douce vers le sommeil : lumière tamisée, musique relaxante
  • Supprimer café, thé, cola ou chocolat à partir de la fin d’après-midi
  • Limiter l’alcool et la nicotine, qui perturbent le cycle veille-sommeil
  • Pratiquer du sport en journée, mais éviter l’effort physique intense après 19h

En cas d’échec, un professionnel de santé pourra proposer des solutions médicamenteuses ponctuelles (comme les benzodiazépines à faible dose), en dernière intention et sous surveillance médicale.

Les spasmes hypniques sont donc des manifestations normales de l’endormissement, fréquentes, et le plus souvent bénignes. Ils traduisent la complexité des interactions entre le corps et le cerveau pendant cette phase de transition qu’est l’endormissement.

En identifiant les facteurs déclencheurs (stress, fatigue, stimulants), et en adoptant des habitudes favorables au sommeil, il est généralement possible de les atténuer naturellement.

Et surtout, pas de panique : ces sursauts sont naturels, et vous n’êtes pas seul à les vivre.

Le rôle du PSAD

Les spasmes hypniques, ou secousses musculaires involontaires au moment de l’endormissement, sont fréquents et généralement bénins, mais peuvent perturber le sommeil et provoquer anxiété ou fatigue. Pour les patients suivis à domicile, notamment ceux ayant des troubles du sommeil ou des pathologies chroniques, le PSAD (Prestataire de Santé À Domicile) peut accompagner le suivi et l’information sur ces phénomènes.

Le PSAD peut notamment :

  • observer et signaler les troubles du sommeil ou les signes d’aggravation,

  • sensibiliser le patient et sa famille sur la nature bénigne des spasmes hypniques et sur les moyens de limiter leur impact,

  • conseiller sur l’hygiène du sommeil (rythme régulier, diminution de la fatigue et du stress),

  • assurer le suivi des dispositifs médicaux nocturnes (PPC, ventilation, oxygénothérapie) qui contribuent à un sommeil plus stable,

  • faire le lien avec le médecin si les spasmes s’accompagnent de symptômes inhabituels ou de troubles du sommeil importants.

Ainsi, le rôle du PSAD combine vigilance, accompagnement technique et éducation pour améliorer le sommeil et réduire l’anxiété liée aux spasmes hypniques.

FAQ - Spasmes hypniques

Que sont les spasmes hypniques ?
Ce sont des secousses musculaires involontaires qui surviennent généralement au moment de l’endormissement. Elles peuvent faire sursauter le corps et provoquer un réveil momentané.

Qui peut en souffrir ?
Les spasmes hypniques peuvent toucher tout le monde, enfants comme adultes. Ils sont plus fréquents en cas de fatigue, stress ou manque de sommeil.

Quelles sont les causes ?
Fatigue, stress, consommation excessive de caféine ou activité physique intense le soir peuvent favoriser ces secousses. Dans la majorité des cas, elles sont bénignes et ne traduisent pas un problème neurologique.

Les spasmes hypniques nécessitent-ils un traitement ?
La plupart du temps non. Un sommeil régulier, la gestion du stress et la réduction de la fatigue suffisent à les limiter. Si les secousses deviennent très fréquentes ou gênantes, un avis médical peut être utile.

Peuvent-ils être liés à d’autres troubles du sommeil ?
Oui, ils peuvent être plus fréquents chez les personnes souffrant d’apnée du sommeil, d’insomnie ou de mouvements périodiques des membres pendant la nuit.

Quand consulter ?
Si les spasmes s’accompagnent de douleurs, de troubles neurologiques, de mouvements excessifs nocturnes ou d’une fatigue importante, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.

Conclusion

Les spasmes hypniques sont des phénomènes fréquents et généralement bénins, mais peuvent perturber le sommeil et provoquer fatigue et inquiétude. Une bonne hygiène du sommeil, la réduction du stress et un suivi adapté par le PSAD ou le médecin permettent de limiter leur impact et d’assurer des nuits plus reposantes.

Si les spasmes hypniques perturbent votre sommeil ou s’accompagnent de symptômes inhabituels, parlez-en à votre médecin pour évaluer la situation et trouver des solutions adaptées.


S’informer sur ces secousses nocturnes permet de les identifier, de réduire leur impact et d’adopter des habitudes favorisant un sommeil réparateur.

Stories. Témoignages. Conseils
Plus de contenus disponibles sur votre réseau préféré.
Progression de la lecture :
Sommaire :
Partager :