La consommation de drogues a des effets dévastateurs sur le système respiratoire, conduisant à une morbidité et une mortalité significatives. La prévention et l’éducation sur les dangers de la consommation de drogues, ainsi que l’accès à des traitements adaptés, sont essentiels pour lutter contre ces effets néfastes et améliorer la santé respiratoire de la population.
On appelle « drogue » toute substance qui modifie la manière de percevoir les choses, de ressentir les émotions, de penser et de se comporter. L’impact varie en fonction du type de drogue consommée, de la fréquence d’utilisation, et de la méthode d’administration. Les différentes substances peuvent être classées selon leur statut juridique, leurs effets ou encore leur dangerosité. Dans tous les cas, il existe bien une association entre consommation de drogue et troubles du sommeil. Les drogues peuvent avoir un large éventail d’effets néfastes sur le système respiratoire, et leur consommation est une préoccupation majeure en matière de santé publique.
Le distinguo entre drogues légales et illégales
En France, il existe des drogues autorisées mais réglementées, comme l’alcool et le tabac ou encore certains médicaments, et des drogues interdites dont la loi proscrit l’usage et la vente, comme le cannabis, l’héroïne ou la cocaïne. Enfin de nouvelles drogues apparaissent sur le marché sans que leur statut soit encore clairement défini. L’autorisation ou l’interdiction d’une drogue n’est pas strictement fondée sur sa dangerosité. D’autres facteurs entrent en ligne de compte (histoire, culture, intérêt thérapeutique). Les drogues sont également classées selon le type d’effets qu’elles procurent :
- « Dépresseur du système nerveux » : elles agissent sur le cerveau en ralentissant certaines fonctions ou sensations. Un ralentissement de la fonction respiratoire et l’endormissement sont souvent des effets secondaires de ces drogues.
- « Stimulant » : elles accroissent les sensations et certaines fonctions organiques comme le rythme cardiaque ou encore la sensation d’éveil… Leur action « stimulante » est souvent suivie d’un contrecoup avec par exemple des sensations inverses de fatigue et d’irritabilité.
- « Hallucinogène » : elles modifient les perceptions visuelles, auditives et corporelles. Ces modifications sont très dépendantes du contexte et de la personne qui utilise de telles drogues.
- « Stimulants-hallucinogènes » : elles stimulent les sensations et certaines fonctions organiques tout en produisant des distorsions des perceptions, mais de manière moins marquée qu’avec un hallucinogène.
- Les drogues difficiles à classer (on parle par défaut de « perturbateurs ») : elles peuvent avoir les effets de plusieurs des catégories précédentes sans avoir rien de spécifique.
La dangerosité d’une drogue n’est pas reliée à son type d’effet. Dans chaque catégorie, il y a des drogues dont les risques sont différents et d’importance variable.
La dangerosité des drogues est une autre manière de classer les drogues. Se pose alors le problème des critères de dangerosité retenus. Parmi ceux-ci, il peut y avoir notamment la dépendance (physique et/ou psychologique), la toxicité pour la santé, le risque d’accident, ou encore la « nocivité sociale » (délinquance, coût des soins, coût pour la collectivité, etc.). Le potentiel de dangerosité d’une drogue n’est pas forcément le même d’un critère à l’autre.
La consommation de tabac et de cigarettes sur l’organisme
Le tabac est l’un des principaux facteurs de risque pour de nombreuses maladies respiratoires, y compris le cancer du poumon, la bronchite chronique et l’emphysème. La fumée de tabac contient un mélange complexe de produits chimiques, dont beaucoup sont toxiques et peuvent endommager les poumons. La fumée peut également réduire l’efficacité des cils dans les voies respiratoires, ce qui rend difficile l’élimination des mucosités et des agents pathogènes, augmentant ainsi le risque d’infections. Le tabac est même responsable de plus de 8 millions de décès chaque année dans le monde, dont environ 1,2 million sont dus à l’exposition passive à la fumée de tabac (OMS, 2021). Le cancer du poumon, qui est lié principalement à la consommation de tabac, représente à lui seul environ 85% de tous les cas de cancer du poumon. Les fumeurs sont 15 à 30 fois plus susceptibles de développer un cancer du poumon que les non-fumeurs. Consommer du tabac c’est aussi prendre le risque de développer des maladies cardiovasculaires, telles que l’hypertension artérielle, l’athérosclérose (accumulation de plaque dans les artères), les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. Les substances chimiques contenues dans la fumée de tabac peuvent endommager la paroi des vaisseaux sanguins, augmenter la pression artérielle et réduire la quantité d’oxygène transportée par le sang. Les maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), incluant l’emphysème et la bronchite chronique, affectent environ 65 millions de personnes. On estime que 80% de ces cas sont causés par le tabagisme. Ce dernier affaiblit ainsi le système immunitaire, rendant le corps plus susceptible aux infections. Les fumeurs sont d’ailleurs plus susceptibles de contracter des maladies respiratoires comme la grippe, la pneumonie et la tuberculose.
Les risques du cannabis sur le système respiratoire
La fumée de cannabis contient de nombreux irritants et carcinogènes similaires à ceux trouvés dans la fumée de tabac. La consommation de cannabis peut entraîner une inflammation des voies respiratoires, une toux chronique et une augmentation de la production de mucosités. Certaines études suggèrent également un lien entre la consommation de cannabis et un risque accru de bronchite chronique et d’autres affections pulmonaires. La population étudiante représente la catégorie de personnes plus particulièrement exposée à la fois aux problématiques liées aux troubles du sommeil et aux différentes expérimentations, en matière de drogues. La consommation de cannabis provoque plus d’insomnie chez les étudiants. D’après les chercheurs, la probabilité de souffrir d’insomnie serait supérieure de 45 % chez les consommateurs de cannabis par rapport aux non-consommateurs. Une probabilité deux fois plus élevée chez les consommateurs quotidiens de cannabis par rapport aux consommateurs occasionnels ou rares. Il y a d’ailleurs plus de produits toxiques dans la fumée d’un joint (herbe ou résine) que dans la seule fumée de tabac. On trouve par exemple jusqu’à 6 fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone. C’est pourquoi fumer un joint provoque plus de lésions des voies respiratoires qu’une cigarette. Ces lésions se manifestent par de la toux, une voix enrouée, une irritation de la gorge, et des épisodes de bronchite plus fréquents. Le risque de lésions des voies respiratoires augmente fortement en cas d’inspirations profondes, comme c’est le cas avec les bangs et narguilés, ou lorsqu’on tire sur un joint en inspirant profondément et en bloquant la fumée dans ses poumons. Il est important de noter que la méthode de consommation joue un rôle crucial dans l’impact du cannabis sur le système respiratoire. Par exemple, les vaporisateurs peuvent présenter des risques moindres pour les poumons par rapport à la fumée. Cependant, ces méthodes ne sont pas dépourvues de risques et peuvent avoir d’autres implications pour la santé. La recherche continue d’évoluer dans ce domaine et une compréhension plus approfondie des effets à long terme de l’usage du cannabis est nécessaire pour fournir des directives claires et fondées sur des preuves.
Et la consommation d’alcool ?
Bien que ces effets soient souvent moins directement associés à l’alcool que ceux liés à d’autres substances comme le tabac ou le cannabis, l’alcool reste un dépresseur du système nerveux central, et une consommation élevée peut réduire le contrôle du cerveau sur les fonctions corporelles. Dans des cas graves, cela peut entraîner une dépression respiratoire, où la respiration devient lente et insuffisante. L’intoxication alcoolique peut augmenter le risque de pneumonie à aspiration. L’alcool diminue les réflexes de toux et augmente le risque de vomissement, ce qui peut permettre à du contenu gastrique ou à des corps étrangers d’être aspirés dans les poumons, entraînant une infection ou une obstruction. La consommation abusive d’alcool peut aussi affaiblir le système immunitaire, rendant l’organisme plus susceptible aux infections, y compris les infections respiratoires telles que la pneumonie et la tuberculose. L’alcool peut interagir avec les médicaments pour la respiration, comme les stéroïdes ou les bronchodilatateurs utilisés pour traiter l’asthme par exemple, ce qui peut potentiellement aggraver les problèmes respiratoires. Et comme la consommation de drogues, l’alcool peut perturber les modèles de sommeil et aggraver ses conditions. L’apnée du sommeil en est d’ailleurs s’arrête et repart de manière répétée pendant le sommeil, ce qui peut réduire la qualité du sommeil et augmenter le risque de problèmes de santé.
Quel est le rôle du PSAD face aux effets des drogues sur la respiration ?
Le PSAD (Prestataire de Santé à Domicile) n’intervient pas dans le sevrage ou la prévention de la consommation de drogues, mais il joue un rôle clé dans la surveillance et l’accompagnement des patients dont le système respiratoire est affecté, qu’il s’agisse de troubles aigus ou chroniques.
Détection et suivi des troubles respiratoires
Les drogues (tabac, cannabis, cocaïne, opioïdes, stimulants) peuvent provoquer :
- troubles respiratoires chroniques (bronchite, emphysème),
- apnées ou hypoventilation,
- risque accru d’infections pulmonaires.
Le PSAD peut :
- repérer les signes de détérioration respiratoire (essoufflement, toux chronique, cyanose),
- surveiller la fonction respiratoire des patients,
- transmettre les informations au médecin pour ajuster le suivi ou les traitements.
Accompagnement des patients sous traitement
Chez les patients ayant déjà une pathologie respiratoire, le PSAD :
- adapte l’usage des dispositifs médicaux (PPC, oxygène, ventilation),
- conseille sur la prévention des complications,
- accompagne la famille pour mieux comprendre les risques respiratoires liés aux substances.
Coordination avec les équipes médicales
Le PSAD assure un lien permanent avec le médecin pour :
- signaler toute aggravation de la respiration,
- ajuster le traitement à domicile,
- faciliter une prise en charge globale et sécurisée.
FAQ – Drogues et système respiratoire
Quelles drogues affectent le plus la respiration ?
- Tabac et cannabis : irritation bronchique, toux chronique, risque de BPCO.
- Opioïdes (héroïne, morphine) : dépression respiratoire, hypoventilation.
- Cocaïne et stimulants : troubles respiratoires aiguës, risque d’œdème pulmonaire.
Quels sont les signes d’alerte ?
- essoufflement inhabituel,
- respiration lente ou irrégulière,
- toux persistante,
- sifflements,
- cyanose ou coloration bleutée des lèvres et doigts.
Les effets sont-ils réversibles ?
- Certains effets liés à la consommation ponctuelle peuvent être réversibles,
- les lésions chroniques (emphysème, BPCO) sont souvent irréversibles, mais la progression peut être ralentie en arrêtant la consommation et en suivant un traitement adapté.
Comment prévenir les complications respiratoires ?
- éviter ou arrêter les substances nocives,
- respecter les traitements respiratoires prescrits,
- pratiquer une activité physique adaptée,
- surveiller régulièrement la fonction respiratoire.
Quand consulter ?
Dès l’apparition de signes respiratoires persistants ou graves, ou si la consommation expose à des complications pulmonaires, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé.
Conclusion
Les drogues ont un impact direct et souvent grave sur le système respiratoire, allant de troubles passagers à des maladies chroniques irréversibles.
Le PSAD accompagne les patients à domicile en surveillant la respiration, en optimisant les traitements et en alertant l’équipe médicale si nécessaire. Cette vigilance permet de prévenir les complications, améliorer la qualité de vie et sécuriser le suivi respiratoire, même chez les patients exposés à des risques liés aux substances.