Dans une nouvelle étude anglaise publiée par des scientifiques de l’université d’East Anglia, les personnes menstruées présenteraient un risque accru de troubles du sommeil et de l’humeur attribués en partie aux oscillations mensuelles des hormones sexuelles. Et oui, car les troubles du sommeil affectent des millions de personnes à travers le monde, mais un aspect souvent négligé de cette problématique concerne les personnes menstruées. Bien que les menstruations soient souvent associées à des symptômes physiques tels que les crampes et les sautes d’humeur, leur impact sur le sommeil est moins souvent discuté. Pourtant, de nombreuses études révèlent un lien étroit entre le cycle menstruel et les perturbations du sommeil.
Pendant la période menstruelle, de nombreuses personnes rapportent des difficultés à s’endormir, des réveils fréquents pendant la nuit et une sensation de fatigue persistante pendant la journée. Ces symptômes peuvent être attribués à une série de facteurs liés aux fluctuations hormonales qui se produisent tout au long du cycle menstruel.
Au début du cycle, les niveaux d’œstrogène augmentent, ce qui peut avoir un effet stimulant sur le cerveau, rendant le sommeil plus difficile à induire. Ensuite, juste avant et pendant la menstruation, les niveaux d’œstrogène chutent brusquement tandis que les niveaux de progestérone augmentent. Cette fluctuation hormonale peut contribuer à l’insomnie, à l’anxiété et à la sensibilité à la douleur.
De plus, les symptômes physiques associés aux menstruations, tels que les crampes, les maux de dos et les maux de tête, peuvent également perturber le sommeil et rendre difficile l’obtention d’un repos réparateur.
Pourtant, malgré l’ampleur de ce problème, les troubles du sommeil liés aux menstruations restent largement sous-diagnostiqués et sous-traités. Trop souvent, les personnes menstruées souffrent en silence, sans chercher d’aide médicale pour leurs problèmes de sommeil.
Il est donc impératif que les professionnels de la santé prennent davantage en compte les besoins spécifiques des personnes menstruées en matière de sommeil. Des interventions ciblées, telles que la gestion du stress, l’exercice régulier et l’utilisation de techniques de relaxation, peuvent aider à atténuer les symptômes et à améliorer la qualité du sommeil.
De plus, une sensibilisation accrue aux troubles du sommeil liés aux menstruations est nécessaire pour que les personnes concernées puissent obtenir le soutien et les ressources dont elles ont besoin pour mieux gérer cette facette souvent négligée de leur santé. En reconnaissant et en abordant ces problèmes, nous pouvons contribuer à promouvoir le bien-être global des personnes menstruées et à améliorer leur qualité de vie.
Quel est le rôle du PSAD face aux troubles du sommeil chez les personnes menstruées ?
Les troubles du sommeil chez les personnes menstruées sont souvent liés aux fluctuations hormonales, aux douleurs, aux troubles de l’humeur ou à certaines pathologies gynécologiques. Pourtant, ces troubles restent encore peu reconnus et insuffisamment pris en charge. Le PSAD (Prestataire de Santé à Domicile) peut jouer un rôle complémentaire essentiel dans l’accompagnement à domicile.
Accompagnement des troubles respiratoires du sommeil
Les variations hormonales (œstrogènes, progestérone) influencent la respiration nocturne et peuvent :
- aggraver un syndrome d’apnées du sommeil,
- favoriser des micro-réveils et un sommeil fragmenté.
Le PSAD intervient pour :
- mettre en place et suivre un traitement par PPC ou oxygénothérapie lorsqu’indiqué,
- adapter le matériel aux besoins spécifiques (confort, tolérance, fatigue accrue),
- accompagner l’observance dans des périodes sensibles du cycle.
Prise en compte des douleurs et de l’inconfort nocturne
Règles douloureuses, endométriose, syndrome prémenstruel ou troubles digestifs peuvent perturber l’endormissement et la continuité du sommeil.
Le PSAD peut proposer :
- des solutions de positionnement et de confort,
- du matériel favorisant un sommeil réparateur malgré la douleur,
- des conseils pratiques pour sécuriser les nuits difficiles.
Écoute, pédagogie et coordination
Le PSAD joue aussi un rôle humain essentiel :
- écouter sans minimiser les symptômes,
- aider à mettre des mots sur des troubles souvent banalisés,
- orienter vers le médecin en cas de signes évocateurs d’un trouble du sommeil nécessitant un bilan.
FAQ – Sommeil et cycle menstruel
Les troubles du sommeil pendant les règles sont-ils normaux ?
Ils sont fréquents, mais ne doivent pas être considérés comme normaux ou inévitables. Des douleurs importantes, une insomnie persistante ou une fatigue extrême doivent être prises au sérieux.
Pourquoi dort-on moins bien avant ou pendant les règles ?
La chute de la progestérone et les variations des œstrogènes influencent :
- la température corporelle,
- l’humeur,
- la sensibilité à la douleur,
ce qui peut perturber l’endormissement et le sommeil profond.
Les troubles du sommeil peuvent-ils s’aggraver à certaines périodes de la vie ?
Oui, notamment :
- à la puberté,
- après un accouchement,
- en péri-ménopause et ménopause,
où les déséquilibres hormonaux sont plus marqués.
Existe-t-il un lien avec l’apnée du sommeil ?
Oui. Les hormones féminines ont un effet protecteur respiratoire, et leur diminution peut augmenter le risque ou révéler une apnée du sommeil, souvent sous-diagnostiquée.
Quand consulter ?
En cas de :
- fatigue persistante,
- réveils nocturnes fréquents,
- somnolence diurne,
- douleurs nocturnes invalidantes.
Conclusion
Le lien entre personnes menstruées et troubles du sommeil reste encore largement sous-estimé, souvent banalisé ou invisibilisé. Pourtant, un sommeil de mauvaise qualité peut impacter la santé physique, mentale et la qualité de vie au quotidien.
En complément du suivi médical, le PSAD a un rôle clé à jouer dans la reconnaissance de ces troubles, l’accompagnement à domicile et l’amélioration du confort nocturne. Parler du sommeil au féminin, c’est aussi faire avancer une prise en charge plus juste, plus inclusive et plus humaine.