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Comment retrouver un bon sommeil à la ménopause ?

Lecture : 8 min.

Bouffées de chaleur nocturnes, réveils fréquents, insomnies… Pour beaucoup de femmes, la ménopause s’accompagne de nuits agitées. Pourtant, des solutions existent pour retrouver un sommeil réparateur. Faisons le point.

Pourquoi le sommeil se modifie-t-il à la ménopause ?

La ménopause marque une période de profonds bouleversements hormonaux dans le corps féminin. Elle se caractérise par une fluctuation, puis une chute progressive du taux des principales hormones sexuelles féminines : les œstrogènes et la progestérone. Ces hormones, bien connues pour leur rôle dans le cycle menstruel et la fertilité, ont également une influence majeure sur le cerveau, en particulier sur des zones impliquées dans la régulation du sommeil.

L’une des régions les plus touchées est l’hypothalamus, un centre de commande situé au cœur du cerveau, qui agit comme un véritable chef d’orchestre du rythme circadien, ce cycle biologique qui alterne veille et sommeil sur une période de 24 heures. L’hypothalamus régule également la température corporelle, la sécrétion hormonale et certaines fonctions autonomes essentielles. Or, les œstrogènes participent activement à la stabilité de ce système. Lorsque leur taux diminue, l’équilibre du rythme veille-sommeil devient plus fragile.

Concrètement, que se passe-t-il ?

  • Perturbation de l’endormissement et du maintien du sommeil
    La baisse de progestérone, qui possède des propriétés naturellement sédatives, rend l’endormissement plus difficile. Parallèlement, la diminution des œstrogènes entraîne une diminution de la densité du sommeil profond, c’est-à-dire le stade le plus réparateur. Le sommeil devient donc plus léger, fragmenté, avec des réveils nocturnes fréquents, parfois prolongés.
  • Réduction de la production de mélatonine
    La mélatonine, surnommée “l’hormone du sommeil”, est normalement sécrétée en soirée pour préparer le corps à l’endormissement. Mais les modifications hormonales de la ménopause, combinées à l’âge et à des changements de rythme de vie, entraînent souvent une baisse de sa production naturelle, aggravant les difficultés d’endormissement et les réveils précoces.
  • Instauration d’un cycle circadien instable
    Le cycle circadien, qui détermine les moments où le corps est éveillé ou somnolent, devient plus irrégulier. Cela se traduit par une plus grande variabilité du rythme veille-sommeil, un sommeil parfois déplacé vers le début ou la fin de nuit, ou encore une somnolence diurne.
  • Hyperréactivité au stress et à la température
    Avec la baisse des œstrogènes, le système nerveux autonome devient plus sensible aux variations internes. Cela explique pourquoi les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes ou les palpitations, typiques de la ménopause, peuvent provoquer des réveils brutaux ou gêner l’endormissement.

Une méta-analyse rapportée dans le Journal of Clinical Medicinemontre que les troubles du sommeil sont 1,3 à 1,6 fois plus fréquents chez les femmes en périménopause (et même jusqu’à OR = 2,17 chez les femmes post-chirurgicales) que chez les femmes préménopausées. Cette méta-analyse s’appuie sur 24 études incluant près de 12 000 participantes, confirmant que les femmes en périménopause présentent plus souvent des insomnies et réveils nocturnes que celles avant cette transition.

Plusieurs études confirment que les variations et la baisse des niveaux d’œstrogènes et de progestérone contribuent directement à la dégradation de la qualité du sommeil. Ces fluctuations influencent notamment le rythme circadien, l’activité cérébrale et la stabilité de l’endormissement. 

L’une d’entre elles fait un lien direct entre ces hormones et l’apparition des troubles du sommeil, en soulignant une altération des phases de sommeil profond (NREM stade 3 notamment) et REM.

La prévalence globale de l’insomnie chez les femmes entre 45 et 60 ans est estimée à près de 60 %, avec un pic au moment de la périménopause, c’est-à-dire pendant les mois ou années précédant l’arrêt définitif des règles.

Les bouffées de chaleur : un facteur majeur de perturbation du sommeil

Les bouffées de chaleur nocturnes, aussi appelées sueurs nocturnes, concernent jusqu’à 75 % des femmes ménopausées, selon plusieurs enquêtes épidémiologiques, notamment citées par l’Inserm et l’OMS. Ces épisodes, souvent soudains et intenses, se manifestent par une sensation brutale de chaleur, principalement au niveau du visage, du cou et de la poitrine, accompagnée de sueurs abondantes et parfois de palpitations. Lorsqu’elles surviennent durant la nuit, elles peuvent provoquer un réveil brutal et rendre le retour au sommeil difficile.

Même si une seule bouffée de chaleur peut sembler anodine, sa répétition plusieurs fois par nuit fragilise profondément la qualité du sommeil. Chaque crise génère des micro-réveils qui perturbent les cycles du sommeil, en particulier le sommeil paradoxal, crucial pour la récupération mentale et émotionnelle. Une étude publiée dans National Library of Medicine a montré que les femmes souffrant de bouffées de chaleur nocturnes peuvent perdre jusqu’à 1 heure de sommeil effectif par nuit en moyenne. Ce phénomène enclenche rapidement un cercle vicieux : la privation de sommeil altère la régulation émotionnelle et augmente le niveau de stress et d’anxiété. Ce stress, à son tour, aggrave la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur, selon des données publiées dans la revue.

Le système nerveux sympathique est alors suractivé, empêchant l’organisme de retrouver un état de détente propice à l’endormissement.

Par ailleurs, d’autres symptômes typiques de la ménopause peuvent amplifier les troubles du sommeil. On pense notamment :

  • aux douleurs articulaires, fréquentes à partir de la cinquantaine et souvent accentuées par la baisse des œstrogènes 
  • à la pollakiurie nocturne (envies fréquentes d’uriner la nuit), souvent sous-estimée mais très perturbante 
  • aux symptômes psychologiques tels que l’irritabilité, les troubles anxieux ou les sautes d’humeur, qui jouent également un rôle dans la fragmentation du sommeil

Certaines femmes rapportent également une sudation excessive qui nécessite de se changer au milieu de la nuit ou de remplacer les draps, ce qui compromet encore davantage la continuité du sommeil.

Enfin, le retentissement à long terme ne doit pas être négligé : sommeil non réparateur, somnolence diurne, baisse de concentration, troubles de la mémoire, voire dépression, sont autant de conséquences d’un sommeil perturbé par les bouffées de chaleur non prises en charge.

Stress, anxiété et impact émotionnel : quand le mental sabote le sommeil

La ménopause ne se résume pas uniquement à des modifications physiques ou hormonales. C’est également une période de vulnérabilité émotionnelle accrue, marquée par des variations d’humeur, une irritabilité inhabituelle, une anxiété plus fréquente et, chez certaines femmes, des états dépressifs latents ou avérés. Ces troubles émotionnels sont directement liés aux fluctuations hormonales, notamment la chute des œstrogènes et de la progestérone, deux hormones ayant une influence sur la régulation de la sérotonine et du GABA, neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur et le sommeil.

Or, un esprit agité ou en tension chronique retarde naturellement l’endormissement. L’anxiété, en particulier, entretient une activité mentale continue, faite de ruminations, de pensées parasites ou d’anticipation négative. Cette hypervigilance interne maintient le cerveau dans un état d’alerte, même lorsque le corps tente de se relâcher pour entrer dans le sommeil. Les réveils nocturnes, fréquents à cette période, sont alors plus difficiles à gérer, car le retour au calme mental prend plus de temps.

À cela s’ajoute parfois une perte de confiance en soi, un sentiment de solitude ou d’inutilité qui peut s’intensifier à cette étape de vie, notamment si elle coïncide avec d’autres changements importants : enfants qui quittent le foyer, questionnements sur la carrière, prise de conscience du vieillissement… Ces réflexions existentielles, normales mais parfois déstabilisantes, peuvent elles aussi favoriser l’insomnie.

Face à ce contexte, il est essentiel de considérer la santé émotionnelle comme un levier majeur de prise en charge des troubles du sommeil à la ménopause. Il ne suffit pas seulement de chercher des solutions pour dormir davantage ; il faut apaiser l’esprit pour que le sommeil puisse revenir naturellement.

Heureusement, plusieurs approches complémentaires ont prouvé leur efficacité :

  • Le journaling (écriture expressive) permet de mettre à distance les émotions, d’organiser ses pensées, et de libérer l’esprit avant le coucher
  • La méditation pleine conscience, pratiquée quelques minutes par jour, aide à calmer l’activité mentale et à ramener l’attention au moment présent, réduisant ainsi le stress chronique
  • La cohérence cardiaque, simple exercice de respiration guidée (3 à 6 respirations par minute), régule le système nerveux autonome et diminue l’excitation du système sympathique
  • La sophrologie ou les thérapies comportementales et cognitives (TCC) orientées sommeil permettent d’agir sur les schémas de pensée anxiogènes et les habitudes de vie perturbantes

Enfin, l’écoute, le soutien social et l’accompagnement psychologique restent essentiels. Parler de ses émotions, être comprise, ne pas se sentir seule face aux transformations en cours : autant de dimensions souvent négligées et pourtant fondamentales pour une hygiène du sommeil durable.

Mode de vie et hygiène du sommeil adaptés

Un rythme stable de coucher et de lever, même le week-end, permet de maintenir une horloge biologique bien réglée. Ce principe est confirmé par plusieurs revues scientifiques qui soulignent l’importance de la régularité des horaires pour la stabilité du rythme circadien et la qualité de l’endormissement. Lorsque le coucher ou le réveil est irrégulier, le corps perd le signal temporel, ce qui complique l’endormissement et favorise les réveils nocturnes.

Par ailleurs, l’environnement de sommeil joue un rôle crucial. Une température ambiante idéale (entre 18°C et 20°C), un silence relatif, une obscurité sans lumière bleue et un lit confortable sont des éléments essentiels pour synchroniser la physiologie du corps dans un état propice au sommeil.

La lumière naturelle du matin est un puissant régulateur du rythme circadien car elle inhibe la production de mélatonine le jour et favorise son activation la nuit. Cette exposition participe à une transition veille-sommeil plus fluide. À l’inverse, une exposition excessive à la lumière artificielle le soir, notamment via les écrans, peut retarder le pic de mélatonine, ralentir l’endormissement et fragmenter le sommeil.

Le soir, il est conseillé d’éviter les excès stimulants : café, thé, alcool, sucre ou plats épicés. Ces substances perturbent la digestion, l’équilibre hormonal et peuvent déclencher des reflux ou des troubles digestifs stimulants. À l’inverse, un dîner léger riche en tryptophane (œufs, légumineuses, céréales complètes) favorise la production de sérotonine puis de mélatonine, ce qui prépare naturellement l’endormissement. L’activité physique modérée, comme la marche, le yoga ou la natation, favorise un sommeil profond et récupérateur. Elle permet également de réduire les bouffées de chaleur et d’améliorer l’humeur. En revanche, il est préférable d’éviter les exercices intenses dans les deux heures précédant le coucher, car ils stimulent le système nerveux et peuvent retarder l’endormissement.

Le rôle du PSAD

La ménopause entraîne souvent des perturbations du sommeil : réveils fréquents, insomnie, sueurs nocturnes ou anxiété. Pour les femmes suivies à domicile pour des troubles chroniques, respiratoires ou liés à la ménopause, le PSAD (Prestataire de Santé À Domicile) peut jouer un rôle indirect mais précieux dans l’accompagnement et la continuité des soins.

Le PSAD peut notamment :

  • soutenir la mise en place de routines favorables au sommeil et rappeler l’importance de l’hygiène du sommeil,

  • repérer les troubles du sommeil persistants ou aggravés par des pathologies associées et signaler à l’équipe médicale,

  • accompagner l’utilisation de dispositifs médicaux si nécessaire (ventilation nocturne, oxygénothérapie) qui peuvent impacter la qualité du sommeil,

  • sensibiliser aux effets secondaires de certains traitements pouvant perturber le sommeil,

  • fournir un soutien éducatif et émotionnel, essentiel face aux changements physiologiques et hormonaux de la ménopause.

Ainsi, même si le PSAD n’intervient pas directement sur les causes hormonales du sommeil perturbé, son rôle éducatif et de surveillance contribue à améliorer le confort et la qualité de vie des patientes.

FAQ - Sommeil et ménopause

Pourquoi le sommeil se dégrade-t-il à la ménopause ?
La baisse des hormones (œstrogènes et progestérone) entraîne des bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, anxiété et réveils fréquents, perturbant le cycle du sommeil.

Quels types de troubles du sommeil sont fréquents ?
Insomnie, réveils nocturnes, sommeil léger ou fragmenté, difficultés d’endormissement et somnolence diurne sont les plus courants.

Les traitements hormonaux peuvent-ils aider ?
Oui, les traitements hormonaux substitutifs peuvent améliorer certains symptômes (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) et favoriser un sommeil plus réparateur, mais ils doivent être évalués et prescrits par un médecin selon chaque profil.

Que faire si le sommeil reste perturbé ?
Mettre en place des routines de sommeil régulières, éviter les stimulants le soir, pratiquer la relaxation ou la méditation, adapter la chambre pour plus de confort thermique et consulter un professionnel de santé si les troubles persistent.

Le sommeil perturbé à la ménopause a-t-il des conséquences sur la santé ?
Oui. Une mauvaise qualité de sommeil chronique peut augmenter le risque de fatigue, troubles de l’humeur, baisse de concentration, prise de poids et aggravation de certaines maladies chroniques.

Quand consulter un professionnel ?
Si les troubles du sommeil sont persistants, impactent la qualité de vie ou s’accompagnent d’autres symptômes inquiétants (anxiété importante, palpitations, douleurs), un avis médical est recommandé.

Conclusion

La ménopause peut bouleverser le sommeil, mais il existe des solutions pour le retrouver et préserver sa qualité de vie. Entre hygiène du sommeil, adaptation de l’environnement, stratégies de relaxation et prise en charge médicale adaptée, il est possible de réduire les réveils nocturnes et les insomnies liées aux changements hormonaux. L’accompagnement par des professionnels, dont le PSAD pour certaines patientes, favorise l’observance et le confort au quotidien.

Si vous constatez une fatigue persistante ou des troubles du sommeil, observez vos habitudes et parlez-en à votre médecin pour trouver des solutions adaptées.


S’informer sur les mécanismes et stratégies pour améliorer la qualité du sommeil permet de mieux traverser cette période et de préserver son énergie au quotidien.

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